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L’externalisation des collections est (officiellement) morte, vive(ment) un projet concerté pour les collections
mardi 29 septembre 2026
Le 4 juillet 2023, Bruno David, alors président du Muséum pour encore quelques jours, faisait un "point d’étape" – le dernier en date – concernant le projet de délocalisation des collections dans son fief bourguignon. Il écrivait alors à l’ensemble des personnels du Muséum que "les efforts de communication n’ont sans doute pas été suffisants pour empêcher la propagation d’interprétations et d’affirmations inexactes". Sans doute faisait-il alors référence à ses propres affirmations.
L’opposition résolue du SNIRS CFE-CGC Muséum
Il est vrai qu’à cette date, depuis plus de 3 ans vos élus du SNIRS-CFE-CGC dénonçaient vigoureusement un projet d’externalisation des collections, les informations diffusées par la présidence à ce sujet et, bien évidemment, l’absence de financement de ce projet bien mal ficelé. Cette affaire ne serait pas grave s’il n’y avait derrière tout cela des collections en péril que la nation a confiées au Muséum, des personnels exténués et parfois eux-mêmes en danger du fait des conditions de conservation et, globalement, une faillite dans l’accomplissement de ses missions par le Muséum.
Lors d’une dernière réunion du Comité social d’administration (CSA) du Muséum de la présidence précédente, nous avions une énième fois tenté d’appeler la présidence à la raison (financière) en soulignant que, au-delà même du non-sens scientifique de cette délocalisation en province, l’inflation et l’état des finances publiques (collectivités locales et État) rendaient le projet évidemment irréalisable. La réponse à notre objection était désarmante de simplicité : il n’y avait aucun problème, le budget était assuré, les collectivités aller payer. Depuis son arrivée à la présidence du Muséum, Gilles Bloch affiche sur ce dossier une certaine prudence, se montre pour le moins évasif, tout en ne renonçant pas officiellement au projet : n’injurions pas le passé et peut-être l’avenir et laissons l’affaire rejoindre ses petits camarades dans les limbes de la technostructure.
La fin de la récréation est sifflée à Dijon
Tout cela était sans compter sur notre "partenaire", la ville de Dijon, qui, étonnamment, continuait à croire en ce projet et peut-être en la parole de la présidence du Muséum. Or, nous apprenons par la presse locale (Le Bien public, 21 septembre 2026) que la maire de Dijon a officiellement fait son deuil des promesses du Muséum : le déménagement des collections sur la friche de l’ex-usine Parker est abandonné car… trop cher pour l’État et les collectivités locales. Il est vrai que 70 millions d’euros pour un projet qui, souvenez-vous, ne devait rien coûter ou presque, cela fait beaucoup. Que de temps passé et perdu par les personnels du Muséum sur ce dossier.
Où en sommes-nous ?
Quels que soient les sites du Muséum, les réserves débordent, le stockage et la conservation des collections continuent de poser des problèmes techniques (physico-chimiques, logistiques, personnels) et scientifiques (absence d’inventaires exhaustifs, difficultés d’accès). Nous ne nous étendrons pas sur la question de la sécurité, l’affaire du vol des pépites d’or étant passée par là.
La présidence réclame depuis le début de l’été 1 milliard d’euros pour faire des travaux de rénovation – et pourquoi pas 2 ou 3 milliards tant qu’on y est, histoire de recruter le personnel qui manque autrement que par des subventions de la Société des amis du Muséum et de payer décemment celui qui est déjà sur place ? –, que l’État est bien incapable de verser. Aujourd’hui, la présidence menace, annonce un malheur si elle n’obtient pas gain de cause : "La galerie de géologie et de minéralogie est le tout premier bâtiment conçu pour devenir un musée, cela me ferait mal au cœur de devoir la raser" avertit notre président dans la presse (Télérama, 22 septembre 2026). Et pourquoi pas raser l’hôtel de Magny ou la GPAC tant qu’on y est ? Mais sans doute faut-il mettre cette phrase sur le compte d’une mauvaise compréhension de la journaliste.
Que voulons-nous ?
Le SNIRS CFE-CGC Muséum appelle la présidence de l’établissement à ce que, cette fois, les décisions, qu’il s’agisse des collections ou de la rénovation des bâtiments, prennent le chemin inverse de celui suivi ces dernières années : il faut partir d’une réflexion scientifique pour pouvoir élaborer des scénarios, il faut dialoguer et faire confiance aux personnels. Tout ce qui semble être oublié.
SNIRS CFE-CGC Muséum
Syndicat autonome des personnels du Muséum
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Syndicat autonome des personnels du Muséum SNIRS CFE-CGC